Activités

Compte rendu du nettoyage du Castella (mars à juin 2011).

Compte rendu du nettoyage et de la mise en valeur des hauteurs du Castella et particulièrement de ses grottes (mars à juin 2011).
 
Préalable :
Avant de faire le bilan des travaux il est, il me semble, nécessaire de rappeler le cadre dans lequel ils ont été  programmés et effectués ainsi que les contraintes qui s’appliquent au site.
En 1989 le Spéléo-club a déjà effectué ce type d’intervention à la demande de la mairie (travaux suivis par J.M. Bellamy) avec l’apport d’une entreprise privée de travaux forestiers (entr. Pirès Casimir) qui s’est chargée des travaux en zone accessible et du brulage des bois et broussailles.
En 1990 sur la demande de Mr Merlane (adjoint) une petite opération a été réalisée sous le Castella (évacuation de bidons, nettoyage et débroussaillage). Depuis une seule opération d’entretien partiel a été réalisée par une entreprise près des grottes.
Début 2010 plusieurs contacts ont été pris par des élus pour voir les possibilités de renouveler cette opération, dans le cadre d'un partenariat Mairie - Spéléo-club. Suite à diverses réunions et en raison de contraintes dues à la présence des jardins en bas du site ainsi que d’un poulailler les travaux ont été repoussés à l’automne puis après une ultime réunion au printemps (autorisations des 1 et 14 mars 2011).
 

 

Contraintes et protections :
La première contrainte est donc d’ordre technique en raison de la présence des jardins.
La seconde est d’ordre historique et environnemental.
En effet : Les hauts du Castella et l’Ariège à son aplomb sont protégés par plusieurs réglementations. En ce qui nous concerne nous en avons retenu trois qui ont conditionnées les techniques employées pour les travaux.
– La zone est inscrite à l’inventaire des sites (qui dépend maintenant du ministère de l’environnement). « Hauteurs du Castella et … (1943) ».
– La zone bénéficie aussi de la protection des 500 mètres réglementant les Monuments Historiques dont trois sont concernés : la Tour St Michel (1938), la Maison Jehan de Séré (1950) et Notre Dame de la Daurade (1990).
– La réglementation sur l’eau.
Un certain nombre de contraintes et réglementations nous ont sans doute échappées d’autres ont été résolues pour le mieux. Par exemple notre assurance spéléo ne nous couvrait que sur les travaux effectués pour la mise en valeur des cavités : dégagement visuel, accès, pourtour etc…. Pour les remparts, la tour (de Mr Massat) et ses abords, seul des volontaires y ont travaillé avec leurs propres assurances.

 

Détails et chronologie des travaux :
Certains travaux  (abatage) devant être faits en dehors de la période de sève de la végétation pour  limiter ledebroussaillage grotte cagibi poids des arbres, nous avons établi un planning en fonction.
1) Mise en sécurité de la ligne électrique par la Régie.
2) Débroussaillage des abords de la grotte du Cagibi par les employés communaux.
3) La coupe des arbres en bordure de l’Ariège était le morceau le plus technique et le plus délicat.
En effet un platane et un noyer  très branchus de 215 cm et 170 cm de circonférence étaient en surplomb au-dessus de l’eau et une dizaine d’arbres plus petits complétaient le lot.
Aucune branche ou tronc ne devaient tomber dans la rivière ce qui demanda un démembrement complet des arbres et le « relevé » des futs pour qu’ils s’abattent sur la berge. .
platane et noyer
Les branches furent rangées provisoirement en attendant qu’elles soient brulées par temps favorable (pluie).
Les troncs et branches majeures ont été façonnés en billots de 50 cm à 1m50 pour être proposés aux personnes intéressées.
 
4) Nettoiement de la pente sous le rempart (?).
Depuis la dernière intervention les acacias et arbres divers avaient repris de la vigueur. Ils ont été de nouveau abattus et les bois et branchages transportés en bas pour être brulés ou récupérés.  Ramassage aussi des bidons, ferrailles  diverses, bouteilles, plastiques et autres provenant des propriétés au-dessus .
5) Un gros acacia avait été déraciné. L’entreprise Gouzy en a effectué l’abattage et le démembrement. L’ensemble des bois étant resté sur place nous en avons effectué l’évacuation.
6) Enlèvement des lierres pour la mise en valeur de la falaise, des cavités de Lourdes et du Cagibi. C’est sur  30 mètres de hauteur et de  12 mètres en largueur que les lierres ont été arrachés des parois et celles-ci partiellement (et non complètement) purgées des roches les plus instables.  La quantité de lierre était telle que plusieurs séances de brulage ont été nécessaire, un entretien suivit au niveau de l’enracinement des tiges devrait réduire cet inconvénient.  .
7) Une petite falaise a la droite de la pente herbacée a fait l’objet de la même opération .
8) Coupe des arbustes surplombant la grotte de Lourdes. .
9) Gros morceau aussi : la mise en valeur de la tour de « Mr Louis Massat».
Bien qu’ayant été intégralement dégagée, il y a 22 ans, la tour était de nouveau invisible derrière une couche de lierre et un rideau d’arbre. Cette tour est sans doute l’un des éléments les plus remarquables du Tarasconnais moyenâgeux. En effet, elle n’a pas subi d’importantes transformations (ni rénovations). Elle permettait, avec son escalier intérieur  et une porte à sa base, de sortir et d’aller grâce à des marches taillées dans la roche, jusqu’à l’Ariège. Dans son mur un système d’évacuation se termine par une ouverture ouvragée au contact roche-muraille. . Une porte murée a été dégagée en dessous et à droite de la porte actuelle.
10) Dégagement de « évacuations ».
Nous employons sciemment le terme « évacuation » car il nous semble que ces conduits et « bouches » servaient indifféremment de vide ordure, d’évacuation d’eau et de latrine (particulièrement pour la tour « Massat »), certains y voient même des oubliettes. Mais l’interprétation doit, me semble-t-il, être laissée aux spécialistes. .
Ces travaux concernent quatre ouvrages :
- tour nord du château Lamothe.
- tour « Massat ».
- sans doute, petite tour démolie.
- petite tour près de la maison.
Leur mise en valeur est importante car leurs emplacements à la base des constructions les ont laissées absolument intactes. .
11) Nettoyage du mur-rempart ( ?).
L’usage de cet ouvrage n’est pas nettement défini, nous notons toutefois la présence de deux arches dont l’une en haut à droite au-dessus du contrefort est en pierre de tuf.
Enlèvement des lierres et coupe des acacias au niveau des parcelles 1029 et 1030. A l’angle de la 1030 s’élevait encore au début du XXème siècle une construction, celle-ci a maintenant disparue et la muraille s’est effondrée, des acacias en ont profité pour pousser et leurs souches affaiblissent encore l’ouvrage, des pierres sont tombées dernièrement et d’autres vont suivre rapidement. Ces souches  devraient être dévitalisées et le mur consolidé.
12) Nettoyage et finition.
Les branches et les broussailles ont été brulées, les bois rangés, les pierres ramassées, les déchets rassemblés et les cendres évacuées .
13) Une aide  a la régie d’électricité a été apportée pour la mise en place des câbles et projeteurs dans les parties délicates.
 

 

CONCLUSION.
Cette mise en valeur du patrimoine Tarasconnais est très importante car ce site avec la grotte de Lourdes est le plus ancien connu de Tarascon (foyer Magdalénien environ 12000ans) et couvre toutes les périodes jusqu’à nos jours (encoches dans les parois par exemple) .
 
Le travail réalisé est certes important mais beaucoup de problèmes demeurent particulièrement sur le foncier  et sur la propreté du site inscrit.
 
Ils ont été signalés dans un rapport à la mairie.
Un entretien régulier est nécessaire en contrôlant la pousse des lierres et des arbres.
 
Cette campagne nous a permis de remettre en lumière une partie du patrimoine Tarasconnais dans la continuité des valeurs du club depuis sa création et nous restons bénévolement à la disposition de la commune pour des interventions  ponctuelles ultérieures dans le cadre de nos activités.
 
 
Wahl luc
Vice-président du S C H S
 
Crédit photo : Francis Berges, Robert Guinot et Vincent Guinot.